Le tableau, qui reflète l’attachement des Sahariens que nous sommes à notre religion et à nos traditions, a été offert par l’Office National des Musées de Mauritanie à son homologue chinois, lors du dernier voyage, dans ce pays, de Madame la ministre de la Culture et du directeur du Musée National, pendant l’exposition consacrée au monde arabe qui s’est tenue, à Pékin, le mois dernier.
L’originalité du travail de l’artiste a été reconnue, d’où son exhibition dans ce temple de la Culture universelle où «nul n’entre s’il n’est pétri de talents». Un motif de fierté pour la Mauritanie, preuve que notre génie créateur est compétitif, à l’échelle planétaire.
Les œuvres de Khadijetou transportent le visiteur dans l’univers du désert. Hommes et femmes, adultes et enfants sont peints dans leurs faits et gestes, avec leurs outils et leurs animaux, dans un environnement dont ils ont dompté la nature hostile. Trente tableaux exprimant avec brio l’idée de cette artiste au talent confirmé. Ils se nomment: «la Porte de l’histoire, la Tombe sacrée, Pouvoir et Séduction, sous la Tente, Durs labeurs, Thé à la mauritanienne, Coiffures traditionnelles, Pause autour d’un thé, la Femme et les affaires, à la Quête du savoir,
Décoration, Le chamelier, les Perles anciennes, au Crépuscule, le Guérisseur, le Cavalier, Palanquins des nomades, Essigue, Artisanat, Sédentarisation, la Fête à la brousse, Belle et simple la vie, la Grâce voilée, Hospitalité, Point d’eau, Grosse à tout prix, Concertation autour d’un thé, le Forgeron… Qu’est ce qui, mieux que ceux- là, pourrait rendre compte de la vie et de la culture dans le désert? La symbolique du thé, les critères de beauté, les inter-influences entre individus, les pratiques quotidiennes, l’essence de l’être, les sentiments, la philosophie de l’existant…
Dans l’œuvre de Mint Ismaël, il y a une logique. Le désert est son fil conducteur. Déjà, en 2005, lors de sa première exposition au Centre Culturel Marocain (CCM), on avait décelé un certain talent et une certaine rigueur, dans sa manière de soulever ses thèmes et de montrer les réalités de ce «grand océan de sable» qu’est le désert. Dans la même année, elle confirmait, à la Fondation Mokhtar Ould Daddah, en intitulant son expo «Les secrets du désert». Désormais, il n’y avait plus l’ombre d’un doute: une artiste était née, avec la vision et la hantise d’extérioriser ses sensations profondes, interconnectées les unes aux autres.
Œuvre unique
Son premier passage au Centre Culturel Français (CCF), en 2007, ne fait qu’élargir son champ d’actions et diffuser une œuvre unique en son genre, dans le pays. En novembre de la même année, elle emporte, haut la main, le troisième prix du concours "Meilleures œuvres artistiques", organisé par la direction nationale des arts et cultures. Une consécration, pour cette mère très proche de sa famille, malgré son «dur labeur» d’artiste. Née en 1967, à Boutilimit, à 150 Km au sud-est de Nouakchott, Khadijetou Mint Ismaël a commencé à peindre, fin 1999. Dix ans plus tard, elle fait partie des plasticiens les plus reconnus du pays.
Calme, toujours souriante et réservée, cette femme de caractère force l’estime. A l’occasion de la fête internationale de la Femme, le 8 mars dernier, elle a participé à une exposition collective d’artistes femmes, avec Aicha Fall et Amy Sow, ses consoeurs en cet art. Tout comme elle a fait partie des artistes qui avaient exposé, le 7 juin dernier, à la Banque Nationale de Mauritanie, où son œuvre, avant de voyager vers l’Empire du Milieu, avait attiré beaucoup de sympathies. Félicitations, madame.
Le Calame